Pendant ma grossesse, j’ai passé la plupart du temps sur un nuage, à me dire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et à regarder mon ventre pousser. Pourtant, ce paradis maternel, était parfois assombri par les visites chez l’obstétricien ou chez l’échographe, dont je ressortais vaguement inquiétée par un terme employé, absent de mon vocabulaire jusqu’alors, où bien par la perspective d’un examen supplémentaire à réaliser.

Bon, on ne se refait pas, je suis un peu atteinte au niveau de l’hypocondre et j’ai tendance à sauter sur le moindre symptôme pour broder une jolie maladie bien rare, dont l’issue sera sans aucun doute fatale.

Dans ma petite caboche malade, des termes barbares s’agitaient. En attendant de poser toutes les questions qui me trottaient dans la tête lors de la prochaine visite mensuelle, soit 30 jours plus tard, une seule solution logique s’imposait à moi, plutôt que de téléphoner à ma sage-femme où à mon médecin : tapoter compulsivement sur mon clavier.

Là, je Googelisais ma question et immanquablement, la réponse m’orientait vers les mêmes sources, forums en tête. Au bout d’une heure de lecture, hagarde, mon placenta bas inséré au 4ème mois, s’était mué en placenta praevia, qui conduirait sans nulle doute à un accouchement dramatique, ponctué d’une hémorragie massive et de mon décès assuré. La péridurale allait sans aucun doute me laisser tétraplégique quand à la petite infection dont je souffrais, j’allais sans aucun doute la transmettre à mon bébé lors de sa naissance, qui contracterait alors une grave méningite. J’exagère à peine.

Atterrée, apeurée, je sortais de ces longs récits de problèmes médicaux anéantie, pour de vrai. Primo parce que j’y lisais de vraies histoires de femmes qui avaient besoin de se confier et de partager avec d’autres leurs histoires parfois dramatiques. Le soutien qu’elles trouvaient auprès de ces consoeurs virtuelles semblait leur procurer beaucoup de réconfort. Mais aussi j’étais choquée de voir justement que certaines s’aventuraient à des diagnostics, parfois émaillés de détails très « pros », que d’autres prenaient pour argent comptant et que d’autres encore, comme moi, lectrices de passage dans cette communauté de femmes, saisissaient au vol.

Alors j’ai dis stop, (ou plutôt, ma sage–femme m’a dit stop). Quand on a une question, un doute et surtout qu’aucun diagnostic n’a été posé, on s’en remet à son obstétricien ou à sa sage-femme, en tout cas au professionnel de santé en qui on à confiance et qui nous suit. On éteint son ordi et on ne l’allume que pour chercher un prénom ou faire du shopping. N’abusons pas des forums.

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